Ce dimanche 25 mai (dans la nuit du 25 au 26 pour les Européens), la sonde Phoenix va atterrir sur Mars. Le film ci-dessus montre les principales étapes. Il s'agit d'images de synthèse NASA auxquelles j'ai ajouté des titrages explicatifs en français. Une version HD 720p est disponible sur Vimeo.
Certains auront peut-être remarqué que contrairement à Pathfinder (1997) puis Spirit et Opportunity (2004), Phoenix n'utilise pas les fameux airbags pour se poser sur la planète rouge. Non, ce nouvel atterrisseur de la NASA revient à la solution des rétro-fusées employée avec succès pour les deux Viking en 1976. Pourquoi un tel retour ? Car Phoenix est une mission de type Discovery, soit une mission au budget limité (500 millions de dollars environ en l'espèce). Or dans de telles contraintes financières, mettre au point et fabriquer un engin capable de se poser sur Mars relève de l'exploit. L'astuce a donc consisté à recycler une ancienne sonde basée sur le concept d'un certain Mars Polar Lander de triste mémoire... Triste car ce dernier s'est très probablement écrasé en 1999 en tentant de se poser (le dernier signal reçu fut celui émis avant la rentrée dans l'atmosphère martienne). Evidemment, depuis, les ingénieurs pensent avoir compris la raison de la défaillance (l'ordinateur a coupé les rétro-fusées trop tôt) et appliqué les correctifs nécessaires à Phoenix ! La nuit de dimanche à lundi apportera à ce sujet une réponse définitive en cas de succès.
Phoenix marque un autre grand retour : celui des expériences visant à détecter de la vie (ou des traces de vie passée) sur Mars. En effet, les résultats de Viking, montrant une planète stérile (même si certains estiment qu'il y a matière à interprétation), avaient réorienté l'étude in situ de la planète rouge vers la recherche de l'eau et l'étude des roches. La "botte secrète" de Phoenix est en quelque sorte son lieu d'atterrissage novateur : près du pôle nord martien par un peu plus de 68° de latitude, jamais sonde ne s'était posée si loin de l'équateur de cette planète. Les scientifiques pensent en effet que ces régions, abondamment recouvertes de glace d'eau et de glace carbonique en hiver peuvent avoir abriter une vie microbienne simple dans le passé ou - qui sait, mais de façon peu probable - toujours actuellement. Un bras robotique sera donc chargé de fouiller le sol pour y prélever des échantillons analysés par différents instruments embarqués. Mais avant d'en arriver là, Phoenix devra réussir son atterrissage prévu à 1h53 du matin le 26 mai (heure de Paris).
Environ une heure et demi avant, la NASA TV commencera une émission spéciale.
Phoenix
NASA TV

