Archive for March, 2008

5000 paraboles

«Et sans être malade» précise Vladimir Pletser, physicien et ingénieur de l’ESA lors de la 48ème campagne de vols paraboliques de l’Agence Spatiale Européenne. De tels vols permettent de recréer les conditions d’impesanteur durant une vingtaine de secondes à chaque parabole – l’avion suit une trajectoire en forme de cloche – pour préparer les missions spatiales ou accomplir des expériences scientifiques. Vladimir Pletser salue d’ailleurs avec humilité son collègue Bob Williams de la NASA qui lors de sa retraite dépassait les 60.000 paraboles.
Vous vous demandez peut-être pourquoi des gens sérieux tiennent à avoir la tête en bas… Tout d’abord, cette pause a été prise rapidement pour saluer un chiffre somme toute symbolique car le but de tels vols est avant tout scientifique. L’intérêt ? Pour simplifier, disons qu’au sol on n’étudie jamais véritablement la matière ou un phénomène physique. Mais la matière ou un phénomène physique soumis à la pesanteur terrestre, soit 1g. En 0 g, la matière se comporte autrement, révélant parfois sa «vraie nature» et autorisant ainsi des avancées théoriques mais aussi pratiques. Malheureusement, la machine qui génère un champ d’antigravitation n’existe pas ! Il faut donc orbiter autour de la Terre pour pouvoir mener des expériences en impesanteur sur de longues durées. On notera que les spécialistes disent plutôt micropesanteur (car il reste toujours un petit «résidu» de pesanteur, l’équilibre des forces entre gravité et chute libre ne pouvant être parfait).
Si on se contente de durées très courtes (quelques secondes), on peut tout simplement lâcher une boite contenant l’expérience du haut d’une tour. La boite est alors en chute libre et donc fugacement en impesanteur… jusqu’à l’impact au sol ! Il existe ainsi des «tours d’impesanteur», sorte de grandes «cheminées» au sein desquels on procède à des chutes soigneusement planifiées (sans oublier un système d’amortissement).
Entre cette solution et le laboratoire orbital, il existe l’avion dit zéro-g comme celui de la société Novespace (à bord duquel cette photo a été prise). L’avantage est qu’on bénéficie de 20 secondes de précieuse impesanteur à chaque parabole. De plus, l’appareil permet de procéder à des expériences avec des cobayes humains sur des domaines aussi divers que le sens de l’équilibre, la circulation sanguine, la perte d’orientation des pilotes et bien d’autres.
En 5.000 paraboles sur 9 avions différents, Vladimir Pletser a ainsi cumulé 27 heures et 47 minutes d’impesanteur (tout en supervisant 700 expériences !) soit l’équivalent de 18 orbites autour de la Terre. Mais il n’est pas pour autant blasé : «C’est toujours aussi extraordinaire» affirme-t-il avant d’expliquer l’importance des sensations. «Je suis un scientifique de formation et donc je comprends la théorie et les équations de la chute libre et de l’impesanteur. Je sais que c’est vrai et que ça marche ! Mais vivre l’impesanteur avec ses tripes et son cœur, la ressentir à l’intérieur, c’est encore différent et toujours une redécouverte». Et 22 ans après sa première parabole, Vladimir Pletser compte bien continuer : «J’espère en faire encore quelques milliers et contribuer à quelques autres centaines d’expériences et ainsi faire avancer un peu plus la science».

La 48ème campagne de vols paraboliques de l’ESA
Sur le site de l’agence

L’Airbus A300 Zéro-g de Novespace
Site officiel

Notions sur l’impesanteur
Wikipédia (FR) – CNES – Educnet

Les tours d’impesanteur
Wikipédia (EN) – Zarm (à Brême)

Vladimir Pletser
Portrait dans La Tribune de Bruxelles – Livre En avant Mars (Amazon)

Crédit photo : DR (via V. Pletser)

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Zoom sur l’ISS

La mission de navette STS-123 touche à sa fin. D’ailleurs l’avion spatial de la NASA doit atterrir ce mercredi au centre spatial Kennedy à 19h05, heure de Floride (minuit et 5 minutes le jeudi, heure de Paris) si la météo le permet.
Avec ce vol, l’équipage d’Endeavour a (notamment) mis en place l’extension Dextre du bras robotique de l’ISS (Station Spatiale Internationale) mais aussi amené le premier élément pressurisé du futur laboratoire japonais, Kibo (voir ce blog). Il a été temporairement placé sur le module Harmony, fabriqué en Europe par la firme Thales Alenia Space. Les traditionnelles photos de l’ISS effectuées depuis la navette en fin de mission permettent de bien voir les modifications apportées par les récents vols de l’avion spatial. Faisons même un zoom du côté d’Harmony ! Cliquez pour agrandir cette image si besoin.

Sur le module Harmony (amené en octobre 2007 avec le vol STS-120) placé devant le laboratoire US Destiny, on remarque le laboratoire européen Columbus (installé lors du vol STS-122 en février dernier). Le PMA 2 est le port d’attache utilisé par les navettes. Le Logistic Module est donc le premier élément de Kibo évoqué plus haut. Lorsque le module-laboratoire japonais principal sera amarré à Harmony (mission STS-124 prévue fin mai prochain), ce Logistic Module quittera son emplacement temporaire pour s’accrocher à la partie nippone de la Station. En bas, on note le bras robotique qui a reçu son extension Dextre.

La Station Spatiale Internationale
Dossier Capcomespace – Wikipédia (FR) – ESA – NASA – CNES

Le module Harmony
Wikipédia (FR) – Wikipédia (EN)

Calendrier des prochains vols de navette
NASA – Liste non-officielle

Crédit image : NASA – accès à une version HR

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Des liens pour la navette

Le n°36 d’ESPACE Magazine (dont je suis le rédacteur en chef) vient de sortir en kiosque. Il s’agit d’un numéro spécial consacré à la navette spatiale. En page 98, sont listés quelques sites pour en savoir plus sur l’avion de la NASA via Internet. Mais taper des adresses web n’est pas forcément pratique, donc je récapitule ci-dessous les liens proposés : il vous suffit de cliquer !


La NASA et sa navette

L’agence américaine possède bien évidemment un portail dédié.

Sans oublier de nombreuses documentations en ligne sur l’histoire du programme STS : History NASA et Johnson Space Center

Un mini-site consacré aux missions vers la station russe Mir.

Photothèque et vidéothèque en ligne des missions navette.

Les industriels du STS
United Space Alliance regroupe Boeing et Lockheed Martin, deux contractant industriels majeurs de la navette.

ATK est le fabricant des boosters SRB.


Shuttle TV

La National Space Society (via Google video) rend accessible sur le net les films des missions STS commentés (souvent avec d’humour) par les astronautes : un must absolu !

Podcasts audio et vidéo NASA consacrés à la navette et l’ISS.

La NASA en vidéo haute définition : certains films sont consacrées à l’avion spatial. Forcément spectaculaire…

Décollez avec Patrick Baudry : Astrogreg a collé des séquences actuelles sur l’enregistrement audio live du premier français dans une navette.


Parlons-en

Ce forum francophone n’est pas uniquement consacré à la navette spatiale, mais lors des lancements, un «chat» existe et il est souvent très fréquenté : l’occasion de vivre à plusieurs en ligne et en direct l’émotion d’un décollage. Il faut s’inscrire pour participer à un «chat», mais celle-ci est gratuite.

Pour les anglophones ce site propose un forum qui aborde très souvent la navette (l’accès à certaines parties du site exige un abonnement payant).


Allez plus loin avec nous

Les pages de Didier Capdevila sur le Space Shuttle.

Pierre-François Mouriaux interviewe des passionnés et des astronautes sur son Cosmopif. Vous y trouverez notamment Léopold Eyharts (STS-122).

Le blog personnel du rédacteur en chef, inspiré par la phrase de Christa McAuliffe : «L’espace est pour tout le monde». (vous y êtes déjà !)
Errata
Malgré toute l’attention qu’on peut porter à un magazine, des petites erreurs factuelles passent toujours…
Page 14 : les 4 boosters d’Energia fonctionnent au Kérosène et à l’oxygène liquide et non avec de l’hydrogène et de l’oxygène liquides.
Page 44 : T-20 minutes n’est pas la dernière pause du compte à rebours. Il y a une dernière interruption à T-9 minutes où les différents responsables donnent ou non le Go.

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Arthur C. Clarke : le plein d’étoiles

Né le 16 décembre 1917 au Royaume-Uni, Arthur C. Clarke est surtout connu du grand public pour 2001, l’Odyssée de l’Espace, œuvre qui a connu une adaptation cinématographique du même nom par le non moins célèbre réalisateur britannique Stanley Kubrick.

D’ailleurs, adaptation sous-entend que le livre a précédé le film, ce qui n’est pas tout à fait exact. En effet, le texte de base était une nouvelle de Clarke de 1948 intitulée The Sentinel. Le développement du scénario et du livre définitif se déroula en fait en parallèle, le film sortant toutefois sur les écrans en 1968 avant le roman d’Arthur C. Clarke. Une des grandes différences réside dans le fait que la mission qui va vers Jupiter à l’écran vise Saturne et plus particulièrement la lune Japet dans la version papier. Il faut dire que les responsables des effets spéciaux (très en avance pour l’époque) estimèrent – probablement à juste titre – que recréer de façon convaincante les anneaux de Saturne était impossible. On remarquera que les suites à 2001 écrites par Arthur C. Clarke continuèrent l’histoire en se basant sur une mission vers… Jupiter !

Bien évidemment, l’œuvre de d’Arthur C. Clarke ne se limite pas à 2001. Mais en revanche, l’impact de cette œuvre (film ou livre) donne une idée du génie de cet homme lorsqu’il s’agit d’exprimer en histoires l’élan de notre civilisation vers les étoiles et les principales questions soulevées (éthiques ou scientifiques). On notera ainsi que dès 1945 – avant Spoutnik ! – il souleva l’idée de satellites sur orbite géostationnaire afin de servir de relais de télécommunication. Aujourd’hui, les centaines de satellites géostationnaires actifs (346 en 2005 selon le CNES) montrent à quel point son intuition était géniale ! Dans d’autres romans, il expose le concept de l’ascenseur spatial, une idée qui en dépit des difficultés techniques qu’elle impose fait l’objet d’études sérieuses, y compris par la NASA.

Pour revenir à 2001, Arthur C. Clarke faisait dire à l’astronaute Dave Bowman (lorsqu’il «rencontre» le fameux monolithe noir) : «C’est plein d’étoiles». L’héritage que nous laisse ce visionnaire est également «plein d’étoiles»…

The Arthur C. Clarke Foundation

Biographies d’Arthur C. Clarke
Wikipédia (FR)
Wikipédia (EN)IAFClarke Foundation

Arthur C. Clarke répond à 6 questions sur Cosmopif
Lien direct

Déclaration vidéo d’Arthur C. Clarke pour ses 90 ans
[youtube 3qLdeEjdbWE]

L’orbite géostationnaire
Site du CNES – Wikipédia (FR)

Crédit image : Tezio Corteze avec son aimable autorisation

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Météo : “Et maintenant la photo satellite”

Vous voulez que je vous dise ? Toutes ces fusées et tous ces satellites, ça détraque le temps !”

Ne rigolez pas : il n’est pas rare d’entendre ce genre de propos et ils ne viennent pas forcément de gens peu instruits (expérience vécue plusieurs fois par l’auteur de ce blog).

Pourtant, s’il est un domaine où le spatial intervient tous les jours en nous procurant un service irremplaçable, c’est bien celui de la météorologie. Lorsque nous allumons notre poste de radio pour savoir si le parapluie sera de rigueur dans la journée, nous utilisons du spatial. Mais celui-ci est intégré à notre quotidien à un point tel qu’il s’efface. Et même la quasi-obligatoire phrase télévisuelle “Et maintenant voici la photo satellite” a perdu son sens. “Photo satellite“, donc un satellite, soit aussi une fusée pour le lancer, des ingénieurs pour concevoir ces deux engins, des industriels pour les bâtir, des centres de contrôles pour les surveiller, des scientifiques pour interpréter les données, etc. Ne l’oublions pas…
Certes la prévision météo ne repose pas que sur les données des satellites (il y a de nombreuses stations au sol sans compter les mesures avec des ballons) mais on ne saurait s’en passer. En Europe, un organisme fédère les moyens de plusieurs pays (21 à ce jour) pour gérer la météo par satellite : EUMETSAT (EUropean organisation for the exploitation of METeorological SATellites). Sa flotte comprend des satellites sur orbite géostationnaire (les Meteosat) et depuis octobre 2006 un satellite sur orbite polaire (MetOp-A). Toute plaisanterie mise à part sur la fiabilité des prévisions, on constate objectivement que leur exactitude ne cesse de s’accroître. De plus, les satellites météo, alliés à d’autres plus spécifiques, permettent aussi de comprendre – ou tenter de comprendre – les équilibres climatiques et leurs mécanismes. Plus que jamais, nous sommes tous, et le serons de plus en plus chaque jour, des utilisateurs du spatial.

EUMETSAT
Site officiel – Site officiel en français – Wikipedia (FR)

Le monde en direct heure par heure !
Sur cette page, sélectionnez en bas 0° Operational Service (centré sur l’Europe) ou le 57° Operational Service (océan Indien). Sur le 0°, vous pouvez choisir un secteur donné, celui du milieu en haut montre l’Europe : vous obtiendrez une image comparable à celle qui illustre ce blog.

Les satellites météo d’EUMETSAT
Meteosat (Wikipedia FR) – MetOp-A (Wikipedia FR)

Crédit image : EUMETSAT (l’Europe le 18 mars à 19h TU par Meteosat-9)

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Le dernier voyage de “Bourane”

Cette photo montre un témoin d’une page de l’histoire de la conquête spatiale qui s’apprête à connaitre une seconde vie. En effet, un musée allemand est en train de ramener, pour l’exposer, une navette spatiale soviétique. Enfin… pas tout à fait spatiale en fait ! Explications.

Le 15 novembre 1988 s’envolait la première navette (vraiment) spatiale soviétique : Bourane (tempête de neige en russe). Un vol qui restera unique ! Même si elle ressemble à sa consœur américaine, Bourane présente pourtant deux différences spectaculaires. Premièrement, elle est dépourvue de moteurs principaux propres (la navette de la NASA en a 3), sa fusée porteuse Energia étant chargée de l’amener vers l’orbite. Deuxièmement, Bourane est capable d’effectuer sa mission intégralement en mode automatique, y compris l’atterrissage ! Et d’ailleurs son seul vol se déroula sans aucun pilote à bord. Le programme complet fut arrêté en raison de son coût et des difficultés économiques d’une URSS qui n’allait d’ailleurs pas tarder à s’effondrer. Pour Bourane, la fin de l’histoire est même cruelle : l’effondrement en 2002 du toit du bâtiment dans lequel elle était abritée signa sa destruction…
Mais pour un programme d’un telle ampleur, il a fallu construire d’autres «Bourane» plus ou moins complètes afin de procéder à différents tests. Et c’est l’une d’entre elle, dite OK-GLI ou Buran 002, qui a été acquise par un musée allemand. Cette «Bourane» n’a jamais été dans l’espace mais a tout de même accompli 25 vols atmosphériques – avec 2 pilotes à bord – afin de tester le comportement de l’engin lors de sa phase de retour plané. Pour ce faire, ce modèle était équipé de réacteurs d’avion lui permettant de décoller et d’atteindre l’altitude requise pour ces vols d’essais.
Le Technik Museum Speyer a dû s’armer de patience pour enfin rapatrier l’engin. Celui-ci était parti de Russie pour être exposé en Australie à l’occasion des Jeux Olympiques de l’an 2000 avant de se retrouver à Bahreïn (Golfe Persique) pour une autre exhibition. Alors que le musée allemand avait acheté la navette à ses propriétaires russes, un homme d’affaire de Singapour stoppa tout en prétendant avoir des droits sur celle-ci. Au terme de longues procédures judiciaires, le Technik Museum Speyer a obtenu gain de cause et “Bourane” 002 a été enfin préparée (photo) puis amenée vers le bateau qui doit la transporter en Allemagne (en passant par le port de Rotterdam aux Pays-bas à la fin du mois). Le musée a prévu de l’héberger dans un vaste bâtiment en forme de voûte mais sa date d’inauguration n’a pas été pour l’instant précisée. Cette “Bourane” 002 s’imposera à coup sûr comme un témoignage exceptionnel d’un accomplissement souvent méconnu de l’astronautique soviétique.

La navette Bourane
Capcomespace – Wikipedia (FR) – Molnyia – Russian Space Web

Le Technik Museum Speyer
Pages en français

La “Bourane” 002 / OK-GLI
Site Buran-Energia – Wikipedia (EN) – Astronautix

Crédit photo : Technik Museum Speyer

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Encelade : survol accompli

Le survol (rase-motte pourrait-on presque dire) de la lune de Saturne Encelade par la sonde Cassini le 12 mars dernier s’est achevé sur un succès : la sonde a frôlé un des geysers sans dommage (voir ce précédent texte) et renvoyé de spectaculaires images, comme ce portrait inédit à cette résolution de la région nord. Au centre de cette image, on note deux imposants cratères surnommés Aladdin et Ali Baba. Ils sont au nombre des plus grandes formations de ce type sur cette petite lune de 513 km de diamètre.

Seule déception : une erreur informatique a interrompu le fonctionnement d’un des instruments susceptibles d’analyser la composition des fameux geysers de glace d’eau mais pas durant la totalité du survol.

Dans les jours à venir les premières interprétations scientifiques des différentes mesures effectuées seront communiquées : à n’en pas douter, elles seront aussi fascinantes que les images que nous pouvons déjà admirer.

Images du survol
Site Ciclops (équipe d’imagerie de la sonde Cassini)
Communiqué de presse

Crédit image : NASA/JPL/Space Science Institute – Accès à une version HR

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Cassini et les geysers d’Encelade

La mission Cassini-Huygens permet d’explorer Saturne et ses lunes comme aucune autre sonde auparavant. Le 14 janvier 2005, le module européen Huygens signait une double première historique : premier atterrissage sur Titan (la plus grosse lune de la géante aux anneaux) et atterrissage le plus loin de la Terre jamais réalisé !
La sonde Cassini de son côté ne chôme pas et orbite dans le système saturnien, multipliant les découvertes et notamment en ce qui concerne la lune Encelade. Cette petite “boule de glace” (513 km de diamètre) exhibe en effet des geysers à son pôle sud (photo ci-dessus, attention, la couleur bleue n’est pas “réelle”, elle a été rajoutée pour faire ressortir le phénomène). Ces jets de particules de glace proviennent très probablement des énormes failles de 2 km de large et 130 km de longueur qui semblent “déchirer” la surface de cette région. Des scientifiques avancent même que ces geysers puissent provenir de lacs d’eau liquide souterrains… Curieux car il fait normalement trop froid sur Encelade. Mais les planétologues ont de la ressource (et la nature aussi) et pensent que les effets de marée gravitationnelle de Saturne sur Encelade peuvent en quelques sorte “échauffer” l’intérieur de la petite lune.
Ce 12 mars, la sonde Cassini va survoler cette fascinante énigme une fois de plus, passant à 50 km de la surface au plus près et traversera même le bord du panache généré par les geysers lorsqu’elle se trouvera encore à 200 km d’altitude. On attend bien évidemment une meilleure connaissance de la composition de ces geysers grâce aux différentes mesures qu’accompliront les instruments de la sonde. Pour l’occasion, le JPL de la NASA a activé un blog spécifique.

Blog du survol d’Encelade
Site du JPL

La mission Cassini-Huygens
NASA – ESA – Wikipedia (FR)

Encelade, lune de Saturne
Wikipedia (FR)

Huygens sur Titan
ESA (EN) – ESA (FR)

Crédit image : NASA/JPL/Space Science Institute – Accès à une version HR

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Vivez STS-123 sur le net

Ce mardi 11 mars à 2h28 du matin heure de Floride (7h28 heure de Paris), la navette spatiale Endeavour décollera à destination de la Station Spatiale Internationale. Une mission qui verra – notamment – l’ajout du premier module du laboratoire orbital japonais Kibo et d’une “main” pour le bras robotique de la Station dénommée Dextre.
Grâce au net, les passionnés d’astronautique à travers le monde peuvent suivre un lancement en direct, même si la télé “classique” le snobe, ceci avec NASA TV disponible en streaming.
Mieux, il est possible de partager ce moment à plusieurs grâce à des réunions virtuelles organisées par l’International Spaceflight Museum sur Second Life (réalité virtuelle en ligne, nécessite un logiciel gratuit) ou encore par des sessions de “chat” – de “to chat”, bavarder en anglais – qu’organisent certains forums. Et pas seulement anglophones, la langue de Molière s’y met aussi ! C’est le cas du Forum de la Conquête Spatiale (l’accès au “chat” nécessite de s’inscrire, ce qui est gratuit). Mustard (pseudo), le créateur de ce forum, nous explique pourquoi le “chat” est plus adapté au vécu en direct d’un lancement que des messages postés en temps réel sur un forum :
“Le chat est un lieu (virtuel) public plus vivant, plus chaleureux, où l’on partage tous un moment donné, comme lors d’une soirée entre amis. On partage en direct toutes nos infos sur l’évolution de l’évènement en cours, et on s’y lâche un peu plus que sur le forum où c’est plus formel, car les messages restent. Cela évite aussi que de nombreux messages du style “Ouaip, H-1mn” – justifiés sur un chat – n’encombrent le forum. Le chat est ainsi vraiment adapté aux évènements en direct.”

Grâce au net, en plus d’informations sur les missions en cours, on peut aussi partager les émotions…

La mission STS-123
NASA – Wikipedia (EN) – Wikipedia (FR)

Le laboratoire Kibo
Site de la JAXA (agence spatiale japonaise)

DEXTRE et l’ISS
DEXTRE par l’Agence Spatiale Canadienne
L’ISS expliquée par l’Agence Spatiale Canadienne

NASA TV
Page d’accueil – Lien direct (en 640 pixels de large)

L’International Spaceflight Museum
Blog de présentation

Le Forum de la Conquête Spatiale
Portail d’accueil

Crédit image : NASA/Kim Shiflett – accès à une version HR

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Suivez l’ATV

Ce dimanche – sauf report – l’Automated Transfert Vehicle (ATV), va décoller de Kourou à 5 heures du matin (heure de Paris – courage, il faudra se lever tôt !), porté par une Ariane 5. L’engin spatial européen et sa fusée sont déjà sur le pas de tir (photo).

L’enjeu est de première importance pour l’Agence Spatiale Européenne (ESA) car ce cargo automatique qui dessert la Station Spatiale Internationale (ISS) est une contribution essentielle. Avec lui, l’agence européenne “paye sa part” au sein de la “copropriété” de l’ISS et démontre sa capacité à maîtriser une technique délicate : le rendez-vous spatial. Imaginez un engin de 20 tonnes bourré de carburant se dirigeant à 28.000 km/h et en automatique vers une station occupée par 3 astronautes pour s’y amarrer avec une précision qui se mesure en centimètres… C’est ça l’ATV !
Bon, la station ISS orbite aussi à 28.000 km/h autour de la Terre, donc ça aide, mais le rendez-vous spatial reste une prouesse.
L’ESA propose notamment un blog en français pour suivre cet événement. Je vous recommande de lui rendre visite.
{Mise à jour : succès pour le lancement de l’ATV, suivez sa mission avec les liens indiqués}
Blog ATV de l’ESA
Français – Anglais – Allemand
Webcast du lancement
Page ESA
Présentation de l’ATV
ESA (EN) – Dossier Capcomespace
Crédit image : ESA – Stéphane Corvaja
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